L’excision

Qu’est-ce que l’excision ?  Quelles sont ses conséquences pour les femmes ?

Pratique ancestrale ancrée sur les traditions, l’excision est une violence faite aux femmes. Elle consiste à couper le clitoris de la jeune fille avant l’âge de quatre ou cinq ans. Je parle de cette pratique car ses conséquences sur les femmes sont multiples et les interprétations et fondements sont choquants. L’excision n’est pas citée dans aucun passage du coran, mais reste pratiquée par un grand nombre de pays musulmans.

La Charria ne peut et devrait donc pas prendre en compte cette pratique.  Sur le continent Africain ou l’analphabétisme brille, l’excision est pratiquée par la plupart des pays.  A Djibouti et en Somalie par exemple le taux d’excision des fillettes est très élevé.  Les filles non excisées sont très mal vues dans ces sociétés et sont en proie à une stigmatisation et exclusion. Elles sont rejetées et souvent bannies de la famille et de l’entourage proche.  Interdites de mariage parce que considérées impropres (indignes), ces femmes doivent parfois quitter leur pays pour échapper au regard et jugement de leur communauté d’origine.

L’excision se fait à un âge précoce de la jeune fille pour empêcher que celle-ci ne  puisse s’opposer à cela.

Les conséquences sur les personnes et leur avenir sont très dures et souvent difficiles :

  • La mort suite à une forte hémorragie.
  • Forte infection des parties excisées.
  • Des difficultés et complications pour enfanter.
  • Impossibilité de vivre pleinement sa sexualité.
  • Souffrances et douleurs pendant les règles.

Au niveau international, la lutte contre l’excision est une réalité, mais beaucoup d’efforts restent à faire. Surtout pour les populations des pays à faible taux d’alphabétisation, il va falloir mettre l’accent sur la sensibilisation.

Arrivée en Belgique où cette pratique est bannie et interdite, je lance un grand appel envers mon pays d’origine et tous les pays qui pratiquent encore cette violence, pour que cesse à jamais cette injustice et cette barbarie. A toutes mes sœurs, je leur dis de pas se laisser faire et de continuer à lutter pour un monde sans excision.

Mounia (stagiaire au monde des possibles)

NDLR : plus d’infos sur les moyens de lutter contre l’excision ici et là-bas : http://www.gams.be  Contact: Samia Youssouf – Gsm: 0470 54 18 99 ou par E-mail: samia@gams.be

Consommation ou surconsommation

Venant du Burkina, pays l’envahissement des télécommunications n’atteint guère celui de mon pays actuel d’accueil en Europe, je m’interroge sur le progrès réel qu’apportent les nouveaux appareils de la téléphonie et leur présence permanente, surtout chez les jeunes. Où va s’arrêter cette consommation de la nouvelle technologie et quel sera son impact réel sur la vie personnelle et sociale?

A l’heure où nos brillants économistes, banquiers et divers intellectuels ne cessent leur refrain sur la nécessité d’une relance de la croissance, notamment par le développement de cette technique dite communicative que nous retrouvons constamment  dans nos rapports avec nous- même, notre entourage, mais aussi avec le monde, tous ces casques, jeux, musiques et jeux amplifient-ils réellement  les rapports humains, nos connaissances de l’autre et celle d’un environnement mondial devenu un village ou ne nous éloignent-ils pas de la réalité?

Plus les moyens de communications se multiplient et se perfectionnent, plus j’ai l’impression qu’ils diminuent la qualité des échanges en les réduisant très souvent à de la futilité ou à des stéréotypes dictés par de courts codes, tels que par exemple les émoticônes. Le dit se limite à un minimum de mots, de vocabulaire et l’image doit souvent exprimer un ressenti codifié et finalement impersonnel. C’est non seulement l’orthographe qui en prend un coup, mais bien plus encore l’originalité de l’expression, de la pensée et de la communication.  Non seulement ces nouvelles technologies réduisent tout cela, mais elles empêchent en même temps le temps nécessaire au vrai dialogue dans le quotidien des foyers.

Avant, tout jeune, je passais du temps avec mes parents. Cela m’a permis de tirer des enseignements, des valeurs et des armes pour le futur. J’ai pu connaître leur histoire, celle de mes grands-parents, de mon village. Beaucoup de jeunes n’ont plus le temps d’écouter les anciens, leur préférant le virtuel des jeux et autres partages souvent creux et narcissiques sur des réseaux dits ” sociaux”.

Sans nostalgie stérile envers le passé et en reconnaissant les énormes potentialités qu’offrent les nouvelles technologies de la communication et de l’information, l’adulte doit en tout cas lutter contre sa surconsommation pouvant devenir très vite un outil de destruction d’un humain devenu de plus en plus un objet de consommation et de profit via une élite qui bien souvent l’utilise comme tel, sans conscience morale. Du moment que cela rapporte… Il faut acheter et jeter. Croissance et croissance!

Il en va de même dans le domaine de l’information, ou plutôt  celui de la surinformation. Un seul clic suffit pour ouvrir une énorme bibliothèque, mais sans le guide pour y puiser l’essentiel de ce qui est recherché. Sans esprit critique pour séparer le blé de l’ivraie. Sans sens de la synthèse nécessaire à une appropriation d’un sujet.

A l’éducateur que nous sommes tous, d’une façon ou d’une autre, de tirer parfois la sonnette d’alarme  sur les dangers de cette nouvelle technologie. A chacun de nous d’oser encore le dialogue vrai, personnel, intergénérationnel dans la liturgie du vivre ensemble réel et non virtuel. C’est de l’emploi modéré et à bon escient de ce qui est vu comme progrès que dépendra celui qui ne se monnaie pas et fait de chacun un être humain et non un simple objet de consommation et d’information.

Les NTIC ont un apport et une contribution pour le développement et les luttes pour les droits communs. Nous y reviendrons dans nos prochaines publications.

Sana Ousmane

Bienvenue dans différentes langues

Contributions du groupe FR 2 Elisa au journal des Possibles

 

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  1. Témoignages

Bienvenue les réfugiés ! Nous vous souhaitons un bon séjour. Nous espérons qu’il sera facile pour vous de vous intégrer dans la société belge et de commencer une nouvelle vie.

Une stagiaire de la classe d’Elisa

Bienvenue. Le problème en Belgique n’est pas à cause des étrangers qui sont de plus en plus nombreux mais il est à cause des faibles opportunités de travail. Tout ce nombre d’étrangers est une richesse humaine si la Belgique savait en profiter.

Un citoyen étranger

 

Ma lettre

Voilà que je me décide à t’écrire. J’aurais voulu te raconter tout ceci de vive voix, mais les conditions ne sont pas encore réunies pour qu’on puisse se voir. Te serrer dans mes bras pour respirer le doux parfum de ton corps, te regarder pour baisser les yeux, t’entendre pour accourir, tout cela me manque.

Tu te souviens du jour ou je suis parti. Aujourd’hui je me remémore encore tes paroles. Je les entends encore comme si c’était hier. Mais dix ans sont passés tu sais ?. Dix longues années remplies d’attente et d’espoir. Espoir de te revoir, espoir de pas être réveillé par une mauvaise nouvelle, espoir d’exister ici comme là-bas.

Ici le pays est beau, le soleil n’existe presque pas, le froid est omniprésent, tout le monde est pressé et on vit à cent à l’heure. Cela n’a rien à voir avec toi ou je me réveillais à l’heure ou je voulais, ou je jouais quand j’avais envie ou je me rendais chez le voisin quand cela me chantait. Ici le voisin ne connait pas qui occupe le pallier du bas ni du haut.

Tu veux que je te dise la vérité ? Je regrette notre pays. Des fois j’ai envie de prendre mon sac et de courir vers toi sans jamais m’arrêter ; mais comme je te l’ai dit auparavant les conditions pour qu’on se voie ne sont pas encore réunies.

Ici ils ont fait beaucoup de divisions dans la population. Moi, je fais partie de ceux qu’ils ont nommé les sans-papiers. Je sais que tu ne comprends rien en ce mot, mais la vie en communauté n’a plus de place ici. Bien entendu suivant tes conseils, je travaille nuit et jour, du lundi au dimanche. Le fait d’être sans-papiers me prive de tout droit et m’empêche de vivre dans cette société. Je survis néanmoins, car s’il est vrai que c’est très dur ici, j’ai peur de revenir vers toi dans ces conditions. Et en plus je regarde l’actualité et on me rapporte toujours toutes les horreurs dont tu es encore confronté. Je vois que tu te vides de tes enfants depuis Alep en passant par Damas, que tu te laisses toujours exploiter par ces gens sans scrupule qui te dévalisent et te prennent toutes tes matières premières, que tu ne protèges toujours pas les femmes dans la ville de Bombay, bref que tu échanges tes richesses contre des armes. Si l’envie de revenir m’anime, elle s’essouffle quand je pense à tous ces maux auxquels tu es confronté. Je souffre ici c’est vrai, mais j’apprends aussi tu sais ? il y a beaucoup de choses que tu pourrais éviter si tu observais à travers moi le mode de vie de ce peuple. Je sais que tu as envie de posséder cette grosse machine (voiture) pour remplacer ta vieille bicyclette ; eh bien eux ils ont tout juste envie de s’en débarrasser. J’ai surpris des conversations ou ils faisaient allusion de revenir au vélo, au transport en commun. Si tu m’écoutais tu ne prendrais pas la voiture, mais tu développerais directement ton chemin de fer. Imagine toi si tu reliais tes villes l’une à l’autre avec les chemins de fer. Bref j’ai tant de conseils à te donner mais entre tes envies et ma sagesse dictée par la souffrance, quel choix feras tu ? si aujourd’hui tu regrettes mon absence, tu peux néanmoins éviter les départs prochains de tes autres enfants. Il te suffira de prendre conscience de ton potentiel, de rester toi-même et d’en être fier, de collaborer dans le respect avec les autres nations, de t’afficher comme indépendant et non comme en subalterne comme c’est le cas aujourd’hui. Un autre secret que je te confie et que les autres ne te disent pas quand ils viennent te voir est que tu es beau et envié de l’extérieur. Tu es riche et non pauvre comme ils essayent de te faire passer. Reprends ta destinée en main.

Ton fils

« le monde des possibles » Asbl

Octobre 2015

Cent mille personnes pour une meilleure répartition des richesses, contre les mesures d’austérité.

Un résumé de notre participation à la manifestation nationale du 7 octobre 2015 à Bruxelles

Un an de gouvernement Michel. Que retenir de ces douze mois ou l’exécutif Belge avec à sa tête une coalition MR-N-VA a dirigé de main de fer des reformes qui touchent l’ensemble des travailleurs de la Belgique ? On peut retenir que depuis son arrivée au pouvoir, Charles Michel et son allié N-VA n’ont pas perdu du temps. Ce gouvernement a adopté des lois qui précarisent les populations et rend presque insoutenable le cout de la vie. La suppression du revenu d’insertion à un certain nombre d’étudiants, le relèvement de l’âge de la pension à soixante-sept ans, une suppression du saut d’index, la suppression du complément d’ancienneté, les coupes au niveau des allocations d’insertion , les coupes rigoureuses dans les secteurs publics et les pensions sont autant de mesures à mettre à l’actif du gouvernement Michel qui selon un grand nombre d’habitants en Belgique n’en finit plus de diviser.

Ces divisions ont fini par colorer Bruxelles en rouge, vert et bleu en ce matin du 07 octobre 2015. Les différents syndicats du pays qui regroupent en leur sein les travailleurs, ont jugé qu’il fallait montrer son mécontentement face à ces mesures et rappeler le gouvernement à l’ordre. C’est donc en front commun que les centrales syndicales ont décidé d’un commun accord d’une manifestation nationale.

En ce matin d’automne, la population était à un rendez-vous porteur d’espoir. Cent mille personnes selon les organisateurs ont répondu présentes à l’appel syndical. Travailleurs sans-emploi, sans-papiers, pensionnés, tous étaient sortis pour dire haut et fort « trop c’est trop ». Le monde des possibles n’est pas resté en marge de cette mobilisation. Asbl qui travaille dans le champ de la culture, elle compte en son sein un grand nombre de personnes issues de l’immigration. S’il est vrai que les populations sont touchées par les mesures impopulaires du gouvernement Michel , les personnes immigrées ne sont pas épargnées ; elles sont de plus en plus stigmatisées, discriminées et le racisme a gagné du terrain. C’est donc en toute légitimité que les stagiaires de l’asbl, accompagnés de leurs formateurs et de quelques bénévoles ont tenu à être représentés dans cette manifestation nationale.

Une quarantaine de stagiaires et formateurs issus de l’Asbl ont donc rejoint les rangs des grévistes en ce matin du 07 octobre 2015. Leur parcours qui a débuté devant les portes de l’association les a d’abord conduit à la FGTB à la place St Paul à liège ou les attendaient d’autres participants travailleurs sans-emploi et travailleurs sans-papiers. C’est donc tous ensemble, à bord de deux autobus affrétés pour la manifestation que les personnes se sont rendues à Bruxelles. Elles se sont jointes à la grande masse de manifestants et ont scandé tout au long du trajet des slogans hostiles au gouvernement, elles ont dénoncé les politiques d’austérité, d’exclusion, de criminalisation ; elles ont revendiqué le droit à une vie digne, à une répartition équitable du fruit de la croissance.

Eux, citoyens, travailleurs de Belgique ont dénoncé toutes les exclusions :

  • Exclusion d’un logement,
  • Exclusion du travail,
  • Exclusion du territoire,
  • Exclusion de la sécurité sociale,
  • Exclusion des soins de santé…..

C’est aux environs de quinze heures que la foule qui s’était amassée autour des représentants syndicaux, des militants des droits de l’homme et des leaders politiques a commencé à se disperser avec une question à la bouche. …..A qui profitent ces exclusions ?

Liège,octobre 2015

« Le monde des Possibles »asbl